Mercredi 13 septembre, Jean-Claude Juncker tenait son discours annuel sur « l’état de l’Union européenne », formulation américaine qui, à elle seule, trahira d’ailleurs l’inspiration fédéraliste de la technocratie européenne. Que retenir de ce discours-fleuve du président de la Commission européenne ? Que tout va bien dans le meilleur des mondes. À rebours des opinions publiques et d’une partie des exécutifs des États membres, tant en Europe de l’Ouest qu’en Europe centrale, Jean-Claude Juncker a tenu à réaffirmer que la poursuite de l’intégration était l’unique solution pour les Européens, le sens de l’Histoire.
Ainsi, il a soutenu que tous les pays de l’Union avaient pour destin de rejoindre l’euro, l’union bancaire ou bien encore l’espace Schengen, c’est-à-dire précisément ces instruments supranationaux qui réduisent les souverainetés nationales au minimum du minimum. Pour attirer les pays de l’Union hors de la zone euro, à l’image de la Finlande qui s’en sort très bien sans le boulet de la monnaie unique, Jean-Claude Juncker a notamment proposé la création d’un outil « d’adhésion à l’euro », nouvelle usine à gaz qui s’ajouterait à un système déjà illisible pour le commun des mortels.
Chantre du libre-échange le plus débridé, le Luxembourgeois a annoncé que l’Union lancerait des négociations avec d’autres ensembles comme le Mexique et l’Amérique du Sud, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Après le Canada et le Japon, l’Union européenne veut donc poursuivre dans le sens de la mondialisation des échanges économiques, sans prévoir de compensations. En effet, Jean-Claude Juncker n’est pas favorable à l’idée d’un « Buy European Act » réservant les marchés publics aux entreprises continentales. Bref, une Europe qui ne protège rien du tout, et surtout pas les entreprises et les travailleurs européens, livrés aux quatre vents de toute la concurrence mondiale.
Alors que l’Union est déjà totalement ingouvernable à vingt-sept États membres, Jean-Claude Juncker souhaite pourtant l’élargir. Et pas à n’importe quels pays, puisqu’il entend intégrer l’ensemble des Balkans (Albanie, Serbie, Kosovo, Monténégro, Macédoine). Prenons le cas du Kosovo, État dépendant totalement des aides internationales, sans économie propre, travaillé par les influences islamistes : est-il bien raisonnable de vouloir le faire entrer aujourd’hui dans l’Union ? Idem pour l’Albanie, qui abrite des mafias puissantes, plaque tournante des trafics d’armes et de drogues, connaissant aussi un sursaut islamiste… Ne comprennent-ils pas que l’Union des 27 a été rejetée par les peuples, que les Européens n’en veulent plus depuis plus d’une décennie ?
Grande absente du discours : la politique migratoire. Ou, plutôt, la lutte contre l’immigration massive. Le président de la Commission veut proposer, pour lutter contre les flux de « migrants », la création de « voies de migration légales », soit transformer les clandestins en… immigrés légaux. Quelle différence ? Il est temps de tout changer !

Dominique Bilde


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