vendredi 10 mars 2017

Communiqué de Dominique Bilde : Madame Berès, cessez de mépriser les peuples !

DROIT DE RÉPONSE de DOMINIQUE BILDE À MME PERVENCHE BERÈS À LA SUITE DE SES PROPOS DANS L’ÉMISSION « 500 MILLIONS D’EUROPÉENS » DU 4 MARS 2017.
Madame le Député,
Dans l’émission « 500 millions d’européens » diffusée sur BFMTV le 4 mars 2017, vous avez mis en cause la légitimité de mon travail au sein du Parlement européen, m’accusant de ne vouloir que « faire du chiffre » au travers de mes questions parlementaires dans lesquelles j’interpelle régulièrement la Commission européenne.
Sachez que le « député de base » – comme vous m’avez décrite – que je suis n’a que la modeste ambition – très éloignée de vos propres préoccupations j’en conviens – de relayer les interrogations de mes concitoyens que je rencontre chaque semaine sur le terrain. J’imagine que pour quelqu’un comme vous, qui avez passé ces 22 dernières années dans l’enceinte bruxelloise (temps pendant lequel j’étais, moi, travailleur indépendant occupée à m’assurer que mes employés toucheraient bien leur salaire à la fin du mois), le mot même de « terrain » vous apparaitra saugrenu, et la volonté d’apporter des réponses aux questions légitimes des électeurs, complètement dépassée.
Mais puisque la notion de démocratie vous apparaît populiste, laissons ces concepts et parlons des chiffres que vous avez évoqués. Vous affirmez dans cette émission que j’aurais déposé depuis le début de la législature, 275 questions écrites, ce qui représenterait selon vous 1500 euros de frais de traduction par question écrite ; j’aurais donc « dépensé » depuis 2014 500000€ en ayant l’audace d’enquiquiner la Commission, cette institution présidant à la destinée de millions européens mais qu’il serait absurde d’interpeler.
En réalité, et ce, en contradiction totale avec les traités européens, la plupart des questions écrites ne sont traduites que dans une seule langue, l’anglais, mettant à mal l’article 3 du TUE et l’engagement de l’UE lié au multilinguisme. Par ailleurs, si nous devons jouer au comptable, sachez que j’ai en réalité déposé depuis 2014 280 questions parlementaires. D’une part, même si cela revenait effectivement à 1500 euros de traduction (ce qui, du seul français vers l’anglais me semble assez déraisonnable pour un travail ne devant pas excéder 200 mots), même dans ce cas donc, cela reviendrait en réalité à 420 000 euros.
D’autre part, vos calculs, s’ils ne sont pas hasardeux, révèlent quand même un réel problème de gestion des coûts au sein des institutions européennes. Notez que le coût d’une traduction, en moyenne, par un externe indépendant, revient environ à 0,15 centimes d’euros par mot. Les questions parlementaires ne pouvant pas excéder 200 mots, cela devrait donc revenir à environ 30 euros par question pour une traduction du Français vers l’Anglais, que l’on peut arrondir à 50 euros maximum. Si on suivait le coût réel de la vie donc, les questions parlementaires que j’ai eu l’outrecuidance de poser n’auraient pas dû coûter plus de 14000 euros en deux ans et demi de législature.
Ce qui prouve bien qu’en termes de chiffres, l’eurocrate que vous êtes a contribué à mettre en place un système des plus coûteux et dont vous déniez tout le caractère démocratique par ailleurs.
Enfin, puisque c’est la logique comptable qui prévaut chez vous, laissez-moi vous rappeler d’autres chiffres. À aujourd’hui, et je le souligne, non par vanité, mais pour vous répondre, je suis classée première des députés français au Parlement européen, toutes délégations confondues. Contrairement à ce que vous prétendez, ce n’est pas par un tour de passe stakhanoviste puisque ce classement se base également sur ma participation, avec un taux de présence de 97% et de 98% pour les participations aux votes.
Par ailleurs, au-delà de ma « production » que vous dénoncez comme artificielle, mon travail en commission ne dément pas cette implication puisque j’ai été rapporteur fictif sur plus de 10 rapports, sur 19 rapports pour avis et que j’ai déposé, à ce jour, 635 amendements. Vous savez quelle charge représente ce travail parlementaire et, à moins d’une mauvaise foi sans borne, ne pouvez décemment pas m’accuser d’être un député fantoche.
Voilà Mme Berès, ceux qui me connaissent le savent : je suis une femme travailleuse, sans prétention aucune si ce n’est celle de me sentir redevable des concitoyens qui m’ont fait confiance et m’ont envoyé à Bruxelles représenter leurs intérêts.
Du haut de votre tour de verre bruxelloise, vous pouvez continuer à me toiser, mais les peuples assoiffés de liberté et de démocratie, eux, ne s’y tromperont pas.

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